Bulletin BNP-Automne 2011
Le commanditaire et le donateur: ont-ils droit à de la «visibilité» ou de la «reconnaissance» ?
Par Jean-Nicholas Marziali, vice-président BNP Stratégies
Si, comme il se doit, le donateur espère obtenir de la reconnaissance alors que le commanditaire s’attend à obtenir de la visibilité, l’une peut facilement être confondue avec l’autre. Vous avez probablement déjà vécu l’expérience avec un donateur qui voulait que son don soit traité en commandite et vice versa.
Pour simplifier la compréhension et distinguer aisément l’une de l’autre, il existe une règle presque infaillible : le don est déductible d’impôt, tandis que la commandite ne l’est pas parce qu’elle demeure rattachée à un service de visibilité liée davantage à une transaction d’affaires.
La commandite implique une obligation pour votre organisme. Le commanditaire fournit des fonds ou des services pour une activité déterminée en acceptant de s’engager auprès de votre organisme pour la tenue d’un événement, d’une activité ou d’un programme qui lui donneront une bonne image sociale pour que le public l’associe à une cause valable. Le commanditaire s’attend donc à une reconnaissance publique de son appui. Si vous recevez ou traitez une contribution comme une commandite, vous ne pouvez pas émettre un reçu aux fins d’impôt.
Le don est associé à la reconnaissance qui, elle, est liée au sentiment d’être redevable, puisqu’un don est un transfert volontaire de biens sans contrepartie de valeur pour le donateur. En vertu de la loi, un transfert de biens pour lequel le donateur reçoit un avantage sera tout de même considéré en tant que don en certaines circonstances et le donateur pourra déclarer le montant admissible à un reçu fiscal. C’est pour cette raison qu’il est essentiel que vous vous dotiez d’une politique de reconnaissance des donateurs dans l’optique du développement de nouveaux revenus philanthropiques pour votre organisme.
Politique de reconnaissance des donateurs
La nécessité de remercier les donateurs est une évidence, mais en remercier des centaines demande une certaine organisation ; il s’agit d’une question de volume et aussi d’équité. Remercier publiquement un petit donateur de façon trop ostentatoire pourrait indisposer les plus grands donateurs.
L’élaboration d’une politique de reconnaissance des donateurs est un outil important pour tout programme de collecte de fonds. Elle sera construite sur deux éléments : les remerciements, d’une part, et les témoignages de reconnaissance, d’autre part.
Les remerciements
Après une contribution, un donateur ressent le besoin de recevoir un feed-back pour trois raisons :
- savoir rapidement que son don est parvenu à l’organisme destinataire ;
- savoir que le montant donné est utilisé pour le projet auquel il était destiné ;
- savoir que le projet réalisé grâce à la campagne à laquelle il a contribué produit les effets désirés.
Les remerciements peuvent prendre plusieurs formes écrites ou verbales. On les établira en fonction du niveau du don. On peut également utiliser plusieurs formes de remerciements pour un même don, ce qui permet d’établir un plus grand nombre de niveaux de remerciements en fonction des dons. Voici les plus fréquents :
- carton de remerciements
- lettre de remerciements
- appel téléphonique de remerciements
- remerciements en personne
Les témoignages de reconnaissance sont autorisés et sont planifiés dans un programme de reconnaissance.
Tout comme les remerciements, les témoignages de reconnaissance peuvent prendre plusieurs formes et être cumulés pour former un programme en fonction de plusieurs niveaux de dons.
En voici quelques exemples :
- mention du don dans les publications de l’organisme ;
- mention du don sur la page Web ;
- mention du don au tableau commémoratif de la campagne ;
- mention du don dans les médias ;
- parution de photographies commémoratives dans les publications de l’organisme ;
- parution de photographies commémoratives dans les médias ;
- dédicace d’un espace ou d’une plaque commémorative dans un endroit stratégique ;
- fête des donateurs ;
- cadeau souvenir aux donateurs ;
- intronisation du donateur au sein d’un « club » où il sera invité à participer à la vie de l’organisme, à s’y associer plus étroitement pour le bénéfice mutuel de l’organisme et du donateur.
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